Le constat plomb (CREP) à Tours
Mis à jour : août 2026
En bref
Le constat de risque d'exposition au plomb ne se limite pas à détecter sa présence. Il classe chaque revêtement de 0 à 3 selon son état de conservation, et ce classement détermine les obligations du propriétaire.
Un constat qui vise les peintures
Le plomb recherché est celui des revêtements, essentiellement les peintures à la céruse employées jusqu'au milieu du vingtième siècle. Le diagnostiqueur mesure la concentration en place, sans prélèvement, à l'aide d'un appareil à fluorescence X.
Il ne s'agit ni du plomb des canalisations d'eau, qui relève d'un autre sujet, ni du plomb des couvertures ou des vitraux.
Le seuil, et ce qu'il déclenche
La réglementation fixe un seuil d'un milligramme par centimètre carré. En dessous, le revêtement n'est pas considéré comme contenant du plomb au sens du constat.
Au-dessus, l'appareil le signale et le diagnostiqueur passe à la seconde partie de son travail : évaluer l'état du revêtement, qui compte davantage que la seule présence.
Les quatre classes
Classe 0 : pas de plomb détecté au-delà du seuil. Classe 1 : plomb présent, revêtement non dégradé. Classe 2 : plomb présent, revêtement en état d'usage, avec une dégradation d'usage courante.
Classe 3 : plomb présent et revêtement dégradé, écaillé, pulvérulent ou fissuré. C'est la seule classe qui déclenche une obligation de travaux, parce que c'est la seule où des poussières se libèrent.
Pourquoi l'état prime sur la présence
Une peinture au plomb intacte, recouverte et adhérente, n'expose personne. Le risque naît de la poussière et des écailles, qu'un enfant peut ingérer ou inhaler.
C'est pourquoi le constat ne conclut pas par oui ou non mais par un classement. Un logement peut contenir beaucoup de plomb et ne présenter aucun risque, et l'inverse est vrai.
Ce que la classe 3 impose
Le propriétaire doit réaliser les travaux nécessaires pour supprimer le risque d'exposition. Il ne s'agit pas nécessairement de retirer la peinture : recouvrir durablement suffit souvent, et libère moins de poussières.
Le diagnostiqueur transmet par ailleurs une copie du constat à l'agence régionale de santé lorsqu'il relève des revêtements dégradés. C'est une transmission automatique, indépendante de la volonté du propriétaire.
Le piège du bricolage
Poncer, gratter ou décaper une peinture ancienne libère massivement des poussières de plomb. C'est le geste le plus exposant, et il est banal en rénovation.
Un décapage thermique aggrave encore les choses en produisant des vapeurs. Sur un logement d'avant 1949, faire établir le constat avant de commencer les travaux relève du simple bon sens, même quand il n'est pas exigé.
Le critère de la date
Le constat vise les logements construits avant le 1er janvier 1949, date à laquelle la céruse a cessé d'être employée dans les peintures d'habitation.
À Tours, cela concerne une part significative du parc : 21 % des logements datent d'avant 1948, entre le centre ancien et les faubourgs.
Dans le dossier
Le constat plomb accompagne le DPE et les autres diagnostics de vente, aux côtés de l'état des risques.
Contrairement à l'amiante, il est également exigé pour une location, ce qui en fait l'un des rares documents dus dans les deux situations.
Questions fréquentes
Que mesure exactement le constat plomb ?
La concentration en plomb des revêtements, essentiellement les peintures à la céruse, mesurée en place par fluorescence X. Ni le plomb des canalisations d'eau, ni celui des couvertures ou des vitraux.
Quel est le seuil réglementaire ?
Un milligramme par centimètre carré. En dessous, le revêtement n'est pas considéré comme contenant du plomb au sens du constat. Au-dessus, le diagnostiqueur évalue son état de conservation.
Que signifient les classes 0 à 3 ?
0 : pas de plomb au-delà du seuil. 1 : plomb présent, revêtement non dégradé. 2 : revêtement en état d'usage. 3 : revêtement dégradé, écaillé ou pulvérulent, seule classe déclenchant une obligation de travaux.
Pourquoi l'état compte-t-il plus que la présence ?
Une peinture au plomb intacte et adhérente n'expose personne. Le risque naît de la poussière et des écailles, qu'un enfant peut ingérer ou inhaler. Un logement peut contenir beaucoup de plomb sans présenter de risque.
Quels travaux sont risqués ?
Poncer, gratter ou décaper une peinture ancienne libère massivement des poussières. Un décapage thermique produit en outre des vapeurs. Faire établir le constat avant de commencer relève du bon sens.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.