Délai de vente à Tours : 564 ventes de moins et des prix en hausse de 17 %

En bref
Le marché tourangeau a enregistré 1 945 ventes de logements anciens en 2024, contre 2 509 en 2019, soit 22 % de moins, pendant que le prix au mètre carré passait de 2 523 à 2 954 €. Un acheteur qui paie plus cher sur un marché plus étroit compare davantage, et la classe énergétique entre dans ce tri.
Ce que le DPE change au délai de vente
La question revient sans cesse chez les vendeurs tourangeaux, et la réponse tient en une observation simple : la loi ne fixe aucun délai, mais elle impose que la lettre soit affichée. Elle se lit donc avant la photo du séjour.
Ce qui se joue là n'est pas un rejet mais un classement. Votre bien est rangé, mentalement, parmi ceux qu'on garde ou ceux qu'on verra plus tard. La répartition des classes sur la commune détermine dans quelle pile il tombe.
Un marché qui a perdu un cinquième de son volume
Les chiffres sont sans ambiguïté. En 2024, 1 945 ventes de logements anciens ont été enregistrées à Tours, pour un prix moyen de 190 782 € et 2 954 € du mètre carré, sur une surface moyenne de 65 mètres carrés.
En 2019, la commune comptait 2 509 ventes à 2 523 € le mètre carré, pour un prix moyen de 167 256 €. Le volume a donc reculé de 564 transactions, soit 22 %, quand le prix moyen progressait de 14,1 % et le mètre carré de 17 %.
Moins d'acheteurs, mais mieux informés
Ce ciseau déplace le rapport de force. Quand 2 500 ventes se concluent dans l'année, un bien moyen trouve preneur par le simple jeu du nombre. À 1 945, chaque acheteur dispose de plus de temps pour comparer.
La surface moyenne vendue est restée quasi identique, 66 mètres carrés en 2019 contre 65 en 2024. Ce ne sont donc pas des biens différents qui se vendent, mais les mêmes, moins nombreux et 23 500 € plus chers en moyenne.
Le parc tourangeau par étiquette
Sur 65 621 diagnostics publiés, 4 290 logements sont classés F ou G, dont 1 325 en G, soit 6,5 % du parc. La classe E en regroupe 8 262 et la classe D 20 697.
La classe C domine avec 28 185 logements, soit 43 %. À l'autre extrémité, 4 187 logements seulement atteignent les classes A ou B, un peu plus de 6 %.
Le rapport de force en un chiffre
Pour 8 262 logements classés E, l'acheteur tourangeau dispose de 28 185 alternatives en C. À quartier et surface comparables, il n'a donc aucune raison de transiger sur l'étiquette.
C'est la mécanique qui allonge un délai : le bien mal classé n'est pas rejeté, il est simplement reporté, jusqu'à ce que le vendeur ajuste son prix ou son dossier.
La maison tourangelle, deux fois plus exposée
Le risque n'est pas également réparti. Les 5 384 maisons diagnostiquées affichent 13,6 % de logements classés F ou G, contre 5,8 % pour les 58 638 appartements.
Or la maison représente 434 des 1 945 ventes de 2024, soit une transaction sur quatre et demie. Le vendeur de maison affronte donc un marché plus étroit et un risque énergétique plus de deux fois supérieur à celui du collectif.
Le tuffeau, un cas à part
Le bâti ancien tourangeau mérite une nuance. Les logements antérieurs à 1948, ceux du tuffeau et du centre historique, sont moins mal notés que ceux de la reconstruction : la pierre épaisse limite les déperditions mieux que les murs minces des années soixante.
Un acheteur qui se méfie systématiquement de l'ancien se trompe donc de cible à Tours, comme le détaille la maison en tuffeau.
Les trois causes réelles d'un délai qui s'allonge
Les agences tourangelles décrivent toujours les mêmes scénarios. Une annonce publiée sans diagnostic, qui attend son rapport pendant que les acheteurs regardent ailleurs. Une lettre annoncée de mémoire, démentie par le document quinze jours plus tard.
Et le cas le plus destructeur : un vendeur qui ignore sa classe et l'apprend en même temps que son acquéreur. La confiance se déplace alors sur tout le dossier, du bornage aux charges, et la vente ralentit pour des raisons qui n'ont plus rien d'énergétique.
Ce que le calcul retient faute de preuve
Une limite de méthode explique beaucoup de mauvaises surprises. Le diagnostiqueur n'ouvre aucune paroi : devant un mur enduit ou doublé, il ne peut pas certifier qu'un isolant se trouve derrière.
La méthode lui impose alors une valeur par défaut, 2,5 W/(m².K), celle d'un mur nu, délibérément sévère. Une part des notes basses tourangelles décrit un bâti réellement non isolé, une autre un bâti dont personne n'a produit la preuve. Les données publiques ne permettent pas de séparer les deux.
Le document qui évite le retard
Deux informations rendent un papier exploitable : la nature de ce qui a été posé, et sur quelle épaisseur. Ni la date du chantier ni le nom de l'entreprise ne pèsent dans le calcul.
À Tours, 58 638 des 65 621 diagnostics portent sur un appartement, ce qui déplace la recherche. Le document dort chez le syndic, dans le carnet d'entretien ou dans une délibération d'assemblée sur les façades, pas dans vos archives personnelles. Le détail figure sur le DPE en copropriété.
L'acheteur investisseur regarde plus loin
Une part des acquéreurs achète pour louer, et celui-là vérifie d'abord si le bien restera louable. Les logements classés G sont exclus de tout nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
À Tours, cela vise 1 325 logements aujourd'hui, 4 290 en 2028, puis 12 552 en comptant les 8 262 classés E. Un bien en E se vend donc à quelqu'un qui sait n'avoir que huit ans devant lui, sujet développé sur les passoires thermiques.
L'ordre des opérations qui fait gagner du temps
Tout se décide avant la mise en ligne. Un diagnostic obtenu en amont fait de la lettre un filtre choisi, qui écarte les curieux et attire ceux que le bien intéresse vraiment. Obtenu après coup, il devient un imprévu subi.
Comptez le délai d'obtention dans votre calendrier, détaillé sur le délai d'obtention, et regardez ce que coûte le lot complet plutôt que la ligne isolée, sur le prix d'un DPE à Tours et les diagnostics de vente.
Quand la note reste mauvaise
Une mauvaise lettre n'est pas une impasse, c'est une information incomplète. L'audit énergétique la complète en chiffrant les travaux, leur ordre et le gain de classe attendu.
L'effet sur la discussion est immédiat : l'acheteur cesse d'imaginer un montant et raisonne sur celui du devis. C'est presque toujours moins que ce qu'il avait en tête, et c'est ce décalage qui débloque les ventes qui traînent.
Questions fréquentes
Un mauvais DPE rallonge-t-il le délai de vente à Tours ?
Aucun texte n'impose de délai, mais la classe figure dans l'annonce et intervient au moment du tri. Sur un marché passé de 2 509 à 1 945 ventes, l'acheteur compare davantage et reporte plus vite un bien mal classé.
Le marché tourangeau a-t-il baissé ?
En volume oui, en prix non. Les ventes sont passées de 2 509 en 2019 à 1 945 en 2024, soit 22 % de moins, pendant que le mètre carré progressait de 2 523 € à 2 954 €, soit 17 %.
Quel type de bien est le plus exposé ?
La maison. 13,6 % des 5 384 maisons tourangelles sont classées F ou G, contre 5,8 % des 58 638 appartements. Et la maison ne représente que 434 des 1 945 ventes de 2024.
Combien de logements sont classés F ou G à Tours ?
4 290 sur 65 621 diagnostics publiés, soit 6,5 %, dont 1 325 en G. En ajoutant les 8 262 logements classés E, visés en 2034, 12 552 biens sont concernés par le calendrier locatif.
Quand faut-il commander le diagnostic ?
Avant de publier l'annonce, puisque la classe doit y figurer. Un diagnostic commandé après la première offre rouvre une négociation que le vendeur croyait close, et c'est la situation qui coûte le plus cher.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.